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Les Origines du Hip Hop

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Avant de parler de danse Hip Hop, il faut que le Hip Hop existe.

Il n’y a pas de date exacte, mais c’est dans les années 70’, dans le Bronx à New York que l’histoire va commencer.

On va voir comment le Hip Hop va naître et se développer.

 

LES ORIGINES DU HIP HOP

Lis cet article en écoutant notre playlist spécial East-Coast sur Spotify


 

Naissance du Hip Hop

 

En général quand le mot Hip Hop est utilisé, la première chose que les gens ont en tête est la musique, le Rap.

Pourtant le Rap n’est qu’un seul des 5, voire 6 éléments qui forment la culture Hip Hop.

 

Le DeeJaying / DJing (la manière de mixer le son, avec des techniques comme le scratch)

Le Emceeing (MC-Ing, Toasting, Raping) que l’on appelle maintenant le Rap (l’art de rajouter des rimes au-dessus de la musique)

Le Graffiti qui consiste à utiliser l’architecture urbaine pour y mettre son empreinte graphique en dessinant

Le Break (b-boying, b-girling) qui est la première danse Hip Hop

Le Beatboxing qui consiste à créer des sons avec la bouche pour imiter les percussions et créer un beat sur lequel tu peux aussi Raper.

 

Quelques fois tu peux entendre parler d’autres éléments comme la manière de s’habiller, la manière de parler (argot), voire même le savoir (knowledge).

 

Tous ces éléments sont nés en même temps, dans le Bronx à New York .

 

Le Bronx des 70’ ce n’est pas l’endroit que tu vois sur les cartes postales.

Un taux de criminalité élevé, la misère et peu d’espoir d’avenir, le Bronx est aussi un grand melting pot de cultures et d’influences musicales riches et diverses.

A l’époque les musiques et les danses étaient surtout funk, disco, salsa, jazz et les communautés essentiellement afro-américaine, portoricaine, des caraïbes et d’autres pays latinos.

 

Au départ, le Hip Hop se fait dans les Block parties (littéralement les fêtes du quartier).

 

Des fêtes en plein milieu de la rue avec les musiques de l’époque pour rassembler tout le monde et s’amuser.

Ils mettaient des grosses enceintes à l’arrière de leurs voitures et se posaient à un endroit du quartier pour s’ambiancer.

 

Le début des Block Parties va faire naître les premiers Emcee / Mc (maîtres de cérémonies), ceux qui vont mettre l’ambiance à la fête accompagnés du DJ qui mixe les sons, en général Funk.

 

Les Pionniers du Hip Hop

 

DJ KOOL HERC

 

L’un des premiers emcee, et l’un des pères fondateurs du Hip Hop, va être Dj Clive ‘Kool Herc’ Campbell.

Kool Herc, Jamaïcain d’origine va apporter aux Etats Unis une manière de chanter par-dessus la musique pour gérer l’ambiance de la fête.

En Jamaïque, les DeeJay (et non pas les DJ) ont l’habitude de mixer et de chanter en même temps. Ce chant que l’on appelle Toasting est l’ancêtre du Rap.

 

“Rapping as we know it today, saying rhymes to the beat of music was originally called emceeing. It draws its roots from the Jamaican art form known as toasting.”

Grand Master Flash

 

Comme cela ne suffisait pas d’apporter sa touche jamaïcaine, Kool Herc va révolutionner la manière dont la musique s’écoute en mixant le son avec deux platines.

 

La légende raconte que durant une fête que sa sœur lui aurait demandé d’organiser, il se serait rendu compte qu’au moment du breakbeat (solo de percussions), les danseurs en profitaient pour montrer ce qu’ils savaient faire.

Le problème c’est qu’un breakbeat ne dure pas longtemps.

Kool Herc a donc eu l’idée d’allonger ce moment trop court (en mixant avec deux platines) et de faire du breakbeat, quelque chose de privilégié pour les danseurs.

 

I was sittin’ back, observin’, watching the crowd who were all waiting for this particular part of the record. And after I did it for the first time, there was no turnin’ back – everybody was comin’ to the party for that particular part of my set.

DJ Kool Herc

 

C’est avec cette manière de mixer que vont naître les premiers B-boys et B-Girls (Break-boy / Break-girl). Les noms venant du simple fait que les danseurs dansaient pendant le breakbeat. Pendant qu’il mixait, Kool Herc avait aussi pris l’habitude d’appeler les Breakers pour qu’ils viennent danser : « For all the B-boys & B-girls get ready , this is for y’all ».

 

GRANDMASTER FLASH

 

 

Joseph ‘Grand Master Flash’ Sadler est un des pionniers du DJing.

 

Tout comme Kool Herc, il va développer ses propres techniques de mixage et va être l’un des premiers à utiliser deux fois le même vinyle pour faire durer le breakbeat en accordant le rythme entre les deux tables de mixage. Cette technique qu’il appellera le backspin ou beat juggling .

Il va aussi créer une manière de mixer pour que deux chansons s’enchaînent sans arrêter la musique et surtout perfectionner les transitions en respectant le rythme de chaque vinyle.

 

Cette passion pour la musique lui vient beaucoup de ses parents.

Son père possédait une collection immense de vinyles et sa mère l’aurait poussé à aller dans une école pour apprendre à réparer les appareils électroniques.

Avoir des connaissances techniques va lui permettre de bricoler la première table de mixage et le cross-fader qui permet de passer d’un vinyle à l’autre.

 

“My father was a very heavy record collector. He still thinks that he has the stronger collection. I used to open his closets and just watch all the records he had. I used to get into trouble for touching his records, but I’d go right back and bother them.”

Grandmaster Flash

 

Pour ce qui est du scratch, on l’attribut à Théodore ‘Grand Wizzard Theodore ‘ Livingston.

 

 

Pendant que Grandmaster Flash venait s’entraîner chez DJ Mean Gene (grand frère de Théodore), Grand Wizzard Theodore en profitait pour regarder ce qu’il faisait et apprendre en cachette.

DJ Mean Gene ne permettait pas à son petit frère de toucher les platines, et quand celui-ci partait au travail, Grandmaster Flash devenait le mentor de Théodore pour tout lui apprendre du DJing.

 

Comme Théodore était jeune, Grandmaster Flash devait prendre une caisse de lait pour qu’il ait la bonne taille et lui permettre de mixer.

Cet apprentissage en secret durera jusqu’à ce que Grandmaster Flash réussisse à convaincre Mean Gene de laisser Théodore mixer devant un public et voir à quel point son petit frère l’avait surpassé en terme de DJing.

 

“Now his little brother would watch me, but Gene would say ‘Whatever you do, do not let my little brother touch the turntables. When Gene used to go to work, I used to sneak Theodore in the room and teach him.”

Grand Master Flash

 

Grandmaster Flash va aussi être l’un des premiers à comprendre comment chauffer le public et animer une soirée.

Il appellera ses amis pendant qu’il mixe et aura compris assez tôt que le Hip Hop est un genre qui permet de rendre complétement fou le public et faire que les gens s’amusent.

 

“I’d say things like..’There goes my mellow Coca La Roc in the house’, ‘There goes my mellow Clark Kent in the house’, ‘There goes my mellow Timmy Tim in the house’..’To my mellow Ricky D’, ‘To my mellow Bambaataa’.. People like that sort of acknowledgment when they heard it from a friend”

Grandmaster Flash

 

Quand le Hip Hop était en plein développement, chaque personne ou groupe qui passait sur scène donnaient le maximum pour faire le show et il y avait souvent une compétition entre les emcees ou groupes présents.

Quand c’était le tour de Grandmaster Flash, il en profitait pour fatiguer le public et ne pas laisser le choix à la personne qui passait après lui que d’avoir un public en manque d’énergie et instaurer une sorte de compétition pour voir qui était le meilleur MC.

 

“As we were leaving off stage we would knock on the dressing room door of the next act and say ‘Good Luck’. We would then sit back on the side and watch them play to a tired worn out audience. That’s when the battle was on.”

Grandmaster Flash

 

En plus du DJing, Grandmaster Flash et son groupe ‘Grandmaster and the Furious Five’ sont connus pour avoir sorti ‘The Message’ en 1982 que tu as forcément déjà entendu tellement ce son est devenu emblématique et classique pour le Hip Hop.


 

AFRIKA BAMBAATAA

 

 

Le dernier pionnier de la culture Hip Hop dont je te parlerai ici est Lance Taylor, plus connu sous son nom d’artiste, Afrika Bambaataa.

Au départ, Bambaataa est lui aussi un DJ et va animer les soirées en tant que Emcee comme Kool Herc ou Grand Master Flash.

 

Mais ce qui va nous intéresser est le rôle central qu’a eu Bambaataa pour canaliser la violence des ghettos et en faire ressortir la paix et la créativité.

Quand il était jeune, il faisait partie d’un gang du Bronx, les ‘Black Spades ‘.Il est donc familier au système des gangs et la violence omniprésente .

Plus le Hip Hop prenait de l’ampleur, plus des possibilités de sortir d’un mode de vie dangereux pour se rabattre sur une vie de créativité et un peu plus paisible apparaissaient pour les jeunes de l’époque.

 

Bien sûr, le changement n’a pas été magique comme chez Walt Disney.

Mais le Hip Hop de manière général a permis et permet encore aux jeunes des ghettos de trouver une porte de sortie à toute la merde présente dans les quartiers.

 

“It started coming together as far as the gangs terrorizing a lot of known discotheques back in the days. I had respect from some of the gang members because they used to go to school with me. There were the Savage Skulls, Glory Stompers, Blue Diamonds, Black Cats and Black Spades.”

DJ Kool Herc

 

Grâce à un concours d’écriture, Afrika Bambaataa va réussir à gagner un voyage en Afrique et s’ouvrir à d’autres cultures et modes de vie différents de ce qu’il voit dans le Bronx.

Ce voyage ainsi que le film ‘Zulu’ vont l’inspirer à créer sa propre vision d’une communauté soudée et unie pour un même objectif.

 

C’est à ce moment qu’il prendra son nom de scène actuel pour s’appeler Afrika Bambaataa Aasim , en l’honneur du nom du Chef Zulu, Bhambatha qui mena une rébellion contre les Néerlandais en 1906. (Il serait une des premières inspirations qui aurait lancé le mouvement anti apartheid en Afrique du Sud).

L’organisation qu’il va créer va d’abord s’appeler ’The Bronx River Organization‘ pour devenir une alternative aux ‘Black Spades‘.

Avec le développement du Hip Hop, le nom changera pour ‘The Mighty Zulu Nation’ et l’organisation finira par s’appeler ‘The Universal Zulu Nation’ .

 

La Zulu Nation va servir à sortir les jeunes de la vie dangereuse qu’ils mènent dans les gangs pour leur montrer qu’une vie plus calme et moins dangereuse est possible.

Le changement ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais la Zulu Nation a quand même compté plus de 40,000 membres dans ses meilleures années.

 

Vers la fin des années 90’ la Zulu Nation comptait encore 10,000 membres, étalés sur plus de 20 pays.

Afrika Bambaataa avec son organisation a donc été l’un des premiers et avec beaucoup de succès à sortir les jeunes de la culture des gangs grâce au Hip Hop.

En dehors de la Zulu Nation, il était aussi connu pour avoir une collection immense de vinyles, qui ont permis d’ouvrir le Hip Hop à d’autres styles musicaux et briser les codes.

Il lui arrivait de mixer et de rajouter des sons qui n’ont absolument aucun rapport avec les musiques que l’on pouvait entendre à New York.

Malheuresement Bambaataa ne connaîtra qu’un seul succès musical avec ‘Planet Rock ‘ sorti en 1982 .

 

 

A noté que le sample utilisé est d’un groupe Allemand (Kraftwerk) connu pour avoir popularisé la musique électronique.

Un genre éloigné des autres musiques de l’époque, ce qui nous amène à ce que j’aime avec le Hip Hop.

La liberté de créer.

 

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La Liberté de création et le Hip Hop

 

Si j’aime le Hip Hop c’est que n’importe qui peut se lancer et amener sa personnalité, son style, ses inspirations et ce qu’il aime.

 

“Well one of the great things about hip hop is that it has always been an easily accessible form of expression with each participant being able to bring into the fold their own experiences and musical background”

Davey D

 

La liberté de choix dans les samples et les musiques a toujours été la manière dont le Hip Hop a évolué.

Au départ les emcees posaient leur flow sur des sons de James Brown et aujourd’hui certains rap contiennent des samples qui viennent de la variété française, même par des mecs qui font du Gangsta Rap.

Regarde ces liens pour voir à quel point le Hip Hop va chercher des inspirations dans n’importe quel autre genre musical.

Dr Dre Feat. Charles Aznavour / Eminem Feat. Mike Brant / Suprême NTM Feat. Frédéric Chopin .

Tu peux même trouver des musiques de variété française avec une vibe West-Coast : Véronique Sanson – Les Tyrants .

 

La force du Hip Hop tient dans les possibilités infinies que permet le genre. Tu peux tout voir.

 

Que ce soit une personne avec une personnalité extravagante comme Cardi B ou un mec ultra posé comme Snoop Dogg .

Quelqu’un qui vient de milieu plus ‘chic’comme Lil Dicky ou des mecs du ghetto comme NWA .

 

Je parle ici de rappeurs mais tu trouves cette mixité dans chaque élément de la culture Hip Hop.

Pour moi, le Hip Hop c’est le plus gros engrais à l’entrepreneuriat et à la créativité.

 

C’est un peu optimiste mais là je ne prends pas en compte ce qui tourne autour du Hip Hop et les mauvais côtés qu’on lui associe (violence, drogue, misogynie…).

Toujours est-il qu’il y a peu de barrières et beaucoup de possibilités peu importe ta personnalité, ton milieu social, ta couleur de peau, ton âge ou ton sexe.

 

Alors bien sûr t’auras toujours un mec pour te dire que ce qu’on entend aujourd’hui ça n’est pas du Hip Hop et que le premier gars en 70’ lui c’était un vrai car il a vécu le début donc forcément c’est authentique pas comme tout ce rap ‘commercial‘.

 

Comme l’on dit chacune des personnes qui ont permis le développement du Hip Hop (VOIR CITATION CI-DESSOUS).

 

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Maintenant que l’on à vu en majorité le DJing et le Emceeing, il est temps de passer à la danse Hip Hop pour comprendre en quoi c’est un style différent.

 

Le freestyle au coeur de la danse Hip Hop

 

Sur ce blog nous parlons de plusieurs styles de danse Hip Hop, qui à la base n’ont rien à voir, que ce soit musicalement ou dans leurs origines.

 

Pourtant nous les avons mis sous le même toit, pourquoi ? Notre opinion est que toutes ces danses ont un point commun.

 

Le Freestyle et la compétition sous forme de battle, en total improvisation.

 

Ces styles se distinguent des autres danses avec l’improvisation pendant les compétitions. Beaucoup d’événements se font sous forme de freestyle avec deux camps, qui s’affrontent.

Chaque camp essayant de danser le mieux possible sur la chanson que le Dj passera.

 

Quand tu regardes des danseurs pendant un battle, il peut sembler normal de voir que les danseurs ont une musicalité quasiment parfaite mais en freestyle il faut vraiment avoir l’oreille pour comprendre les distinctions dans la musique et avoir un avantage sur l’autre danseur.

Pour expliquer un peu plus d’où vient le freestyle on va faire un bond en arrière et revenir aux Block Parties.

 

Pendant que Kool Herc apprenait à ambiancer la salle, les danseurs ont commencé à s’organiser autour de la première danse Hip Hop qui va naître, le break.

Pour apprendre, tout ce faisait en crew, en gang.

 

Beaucoup des premiers danseurs venaient des gangs et le principe de rivalité avec d’autres groupes était normal. Pour rentrer dans un crew et apprendre à danser le break il fallait défier un autre membre en battle pour gagner le respect.

 

Dis comme ça, on se croirait dans un duel que tu peux voir dans un Shonen Nekketsu mais c’était très sérieux.

Quand tu vis dans le ghetto, tu apprends à ne pas être un lâche. Les battles sont devenus fréquents et habituels pour les premiers B-boys et B-Girls.

 

Les premiers mouvements que les breakers vont utiliser (style Uprock) ressembleront beaucoup à ce que ferait quelqu’un qui veut se battre. Tu te doutes que ça ne sort pas de nulle part (mais on en reparlera plus longuement dans l’histoire du break – LIEN).

 

Si nous avons mis la House Dance ou le Voguing sous le même toit que le Break c’est surtout par rapport à la manière dont les compétitions se passent, en battle et en total freestyle, tout ce faisant à l’improvisation.

Dans cet article tu peux trouver un battle pour chaque style de danse .

 

Conclusion

 

Le début de l’histoire du Hip Hop se passe donc sur la côte EST des Etats Unis et ce n’est que dans les débuts des années 80’ que le mouvement sera baptisé Hip Hop par Afrika Bambaataa. Maintenant que l’on a un beau bébé, baptisé et prêt à marcher, il ne manque plus qu’à lui apprendre à danser pour révolutionner le monde.

 

Nous remercions tous les pionniers de la culture Hip Hop qui ont marqué l’histoire, et à tous ceux qui continuent de développer la danse Hip Hop dans le monde.

 

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2 réponses
  1. Neissa
    Neissa dit :

    Merci beaucoup pour ce site . C’est un travail de qualité. Cela fait très longtemps que j’attend un contenu de ce type!

    Répondre

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