,

Histoire du Break / B-boying

Histoire du Break

 

 

Met toi dans l’ambiance en écoutant une de nos playlists sur Spotify


 

 

C’est au début des années 70 que le Break va naître, dans les block parties du Bronx.

La naissance du b-boying, que les médias appelleront le breakdance, va marquer le début de la première danse Hip Hop en tant que tel.

 

“An important thing to clarify is that the term ‘Break dancing’ is wrong, I read that in many magazines but that is a media term. The correct term is ‘Breakin’, people who do it are B-Boys and B-Girls. The term ‘Break dancing’ has to be thrown out of the dance vocabulary.”

Timothy “Popin’ Pete” Solomon;
Electric Boogaloos

 

Au départ le break ne ressemblait pas du tout au style acrobatique que l’on a aujourd’hui.

 

La danse était surtout debout, s’inspirant d’un autre style, le Uprock ou Brooklyn Uprocking, une danse qui copie les gestes que pourrait faire deux personnes en train de s’affronter (coups, esquives, parades).

En partant du Uprock, les breakers vont inventer le Toprock.

 

“The name was based upon a dance called The Rock. Which was basically stylized Top Rocking. It was kind of like Top Rock/ Uprock.”

Crazy Legs

 

Les breakers vont également prendre leur inspiration dans les pas de danse de James Brown et les films de Kung Fu, une inspiration qui sera beaucoup reprise par le Wu-Tang Clan.

On peut même trouver un début de break dans des danses encore plus anciennes, comme les claquettes ou le lindie hoping.

 

Regarde-moi ce style au sol on dirait déjà des b-boys !

 

 

Petit à petit des disciplines plus acrobatiques vont accompagner le développement de la danse, notamment la gymnastique avec un mouvement comme le Flare.

La capoeïra a elle aussi influencé le break mais seulement à partir de la fin des années 80, quand elle sera vu la première fois dans le Bronx.

Cette danse a été introduite par Jelon Vieira et Lorel Machado dans les années 70 (après le début du break), donc au départ les breakers n’avaient aucune idée de ce qu’était la capoeïra.

 

“We didn’t know what the f-ck no capoeira was, man. We were in the ghetto! There were no dance schools, nothing. If there was a dance it was tap and jazz and ballet.”

Crazy Legs

 

Même si la capoeira n’est pas l’inspiration première, il y a clairement des ressemblances dans les deux danses.
Dans les deux styles, les danseurs ont des mouvements agressifs mais sans se toucher, en ayant une confrontation pacifique.

 

Bien sûr, avec du recul et internet il est facile d’attribuer tel ou tel danse comme inspiration.

 

Aujourd’hui les liens sont plus faciles à faire mais à l’époque la transmission se faisait en groupes et certains mouvements se créaient par accident, sans forcément s’inspirer de quelque chose.

 

“When I evolved the backspin, which lead to the continuous backspin, which everyone knows as the windmill it was by accident. The 1990 was by accident, I was trying to do something else.”

Crazy Legs

 

L’évolution du break va se faire sans code particulier à respecter, juste en dansant et en essayant de nouveaux pas.

 

Les premiers danseurs ont simplement innovés et se sont retrouvés avec un mouvement qui ressemble énormément à ce qui se trouve déjà dans un autre art ou sport.

Cette évolution va se baser sur la capacité d’ouverture et de changement qu’offre le break.

 

Pour la plupart des styles, la danse évolue très peu voire pas du tout et reste codée avec des noms et des pas à faire d’une certaine manière.

En break et dans chaque élément de la culture Hip Hop, le changement est encouragé pour faire évoluer le style et ne pas rester figer dans le temps.

 

La danse appartient absolument à tout le monde, et tu ne verras pas les mêmes mouvements en fonction de quel pays vient le danseur, voire de quel crew.

 

Les Premiers Mouvements

 

Il est dur d’attribuer un mouvement à un danseur en particulier car il n’y a jamais un seul créateur et aussi car les sources se contredisent sans arrêt mais voici une liste des crews et des mouvements qu’ils auraient chacun développés.

 

Rock Steady Crew :
1990
Back spin
Continuous Back Spin

Mr Freeze :
The Suicide (sauter et atterir sur le dos)

Frosty Freeze :
Russian Legs
Sissys

Spy des Crazy Commanders Crew :
Swipes

 

 

La Musique

 

Les rythmes sur lesquels les breakers dansent vont évoluer de la même manière qu’évoluera la musique Hip Hop.

 

La musique sera d’abord funk, soul en majorité et va se rapprocher d’un style rap, qui lui aussi est en train de naître.

C’est la combinaison du breakbeat, de la musique funk et des danseurs du Bronx qui vont créer le break.

 

 

Pourquoi ce nom ?

 

Le nom B-boying ou Break peut-être interprété de plusieurs façons.

Logiquement on parle de breakers car les danseurs dansaient pendant le breakbeat (break-boy) mais on peut aussi voir d’autres origines comme Bronx Boy qui seraient devenu B-Boy puis Break Boy et Breaker.

 

 

Qui sont les premiers b-boys et b-girls ?

 

Le Hip Hop est né dans la rue et pour apprendre à danser le seul moyen était de faire partie d’un crew, il n’y avait pas de studios de danse avec un programme structuré.

Le break permettait de s’éloigner du style de vie des gangs omniprésent dans le Bronx en passant le temps à s’entraîner en break et en faire un vrai style de vie.

 

Les premiers breakers se sont organisés en ‘dance crew’, des groupes de danseurs se réunissant pour apprendre la danse, et s’affronter en battle contre d’autres crews.

Dans les crews il n’y avait pas que des danseurs, tous les aspects de la culture hip hop étaient présents. Il y avait des membres qui faisaient du graff, du b-boying, du emceeing, du djing, etc…

 

“So what you had was just a crew. Within a crew you had brothers who liked to just rock the mike, while other b-boyed or deejayed.”

Crazy Legs

 

Au départ le mot crew était simplement un dérivé du mot gang.

Les tout premiers breakers étaient souvent d’anciens membres de gangs et c’est de cette manière que s’est organisé la danse : en groupes.

 

Agression was break, was b-boying, towards an other crew. You know, because before that came, there was gangs.

Jojo, fondateur du Rock Steady Crew

 

– Clique ici pour comprendre comment le Hip Hop est né –

 

 

Le développement du Break

 

A New York, pendant les années 70, les ghettos n’étaient pas séparés, toutes les cultures se côtoyaient, tout le monde vivait la même chose.

Il n’y a pas de séparation comme dans les ghettos de L.A avec d’un côté les blacks et de l’autres les latinos.

 

C’est le mélange d’origines différentes qui va permettre au break de se développer de plusieurs manières.

Pendant que les afro-américains étaient plutôt dans un style de danse debout, les portos ricains vont, à partir des années 74-75, danser de manière acrobatique et se mettre au sol.

 

“That didn’t come into play until more Puerto Ricans got involved in the mid 70s.”

Crazy Legs

 

Pour les premiers danseurs, l’une des seules manières de se faire connaître et vivre de leur passion, était de faire des représentations dans les boîtes de nuit et assurer le show.

Cela ne durera que quelques années.

 

Les DJs ne passeront plus de breakbeat mais essentiellement d’autres styles de musique avec une danse moins agressive.

Le Disco qui est vraiment LA musique de l’époque, va prendre le relais et faire revenir les breakers dans la rue.

 

Selon Davey D, historien de la culture Hip Hop et journaliste, tous les styles qui vont naître au même moment, la House Music à Chicago, la Gogomusic à Washington et le Funk sur la côte ouest sont une réponse à la musique dominante de l’époque, le disco.

 

Pour ne pas que la danse ne meurt, l’un des crew les plus emblématique va naître en 1977, le Rock Steady Crew.

 

 

A l’époque la plupart des membres n’avaient que 16-17 ans, l’âge moyen des b-boys dans le Bronx.

Cela n’a pas empêché la danse de devenir moins importante mais les passionnés ont continué à danser en se regroupant.

 

Pour garder la motivation, le peu de danseurs encore actifs organisaient des battles et allaient de quartier en quartier pour voir qui avait le meilleur style, un peu comme un film de Kung Fu.

C’est avec les battles que les danseurs vont se rencontrer et faire que la danse reste vivante malgré le peu de crews.

 

 

Les Années 80 : de la gloire à la rue

 

Les années 80 marquent le moment où le Break va vivre ses premières heures de gloire.

En 1981, Henry Chalfant, d’abord sculpteur puis devenu photographe, va mettre en avant la culture Hip Hop naissante dans le Bronx.

 

Il commencera par faire des photos des graffitis et au fil du temps fera la rencontre du Rock Steady Crew.

Le crew, Henri Chalfant et Fab 5 Freddy (qui plus tard va aider à l’écriture du film Wild Style) auront l’idée de faire un spectacle pour montrer ce qu’est le break.

 

Un article sera publié dans le Village Voice, un journal hebdomadaire de New York et ce sera le début du décollage pour le break.

D’autres évènements seront organisés grâce à l’aide de Henry Chalfant, notamment le battle entre le Rock Steady Crew et les Dynamic Rockers au Lincoln Center en plein Manhattan.

 

L’événement sera couvert par le NY Times, National Geographic et à la TV, sur Abc News.

 

Juste après, le Rock Steady Crew et Michael Holman vont collaborer pour mettre le break au centre de la vie de New York.

Michael Holman va permettre au Hip Hop de grandir grâce à son émission Graffiti Rock (qui a mis en avant la culture Hip Hop) et avec l’ouverture de la première discothèque Hip Hop à New York, le Negril.

 

Chaque vendredi le Rock Steady Crew fera une représentation au Negril et pour amener plus de show, ils auront l’idée de faire un battle.

Ils choisiront les Floormasters, plus tard renommé NY City Breakers, en pensant qu’ils étaient moins bon.

 

 

A partir de là tout s’enchaîne, Wild Style, le premier film qui va montrer la culture Hip Hop dans son ensemble sort et le Rock Steady Crew va avoir une scène dans le film Flashdance.

Le Hip Hop explose et tout le monde entend parler des breakers.

 

Les danseurs de l’ouest habitués aux styles funk comme le Locking ou le Popping s’y mettent eux aussi.

Au départ sans l’expérience au sol qu’ont les danseurs de l’est mais ils compenseront avec le style funk.

 

Les premiers crew se créent, en essayant de ressembler à ce qui se fait déjà à New York.

Des endroits pour s’entraîner et se retrouver entre breakers comme le Radio Tron à Los Angeles voient le jour.

 

En 1984, le break est absolument partout. Aux USA, en Europe, il n’y a pas une seule grande ville où tu ne trouves pas de breakers.

 

Pendant les jeux olympiques de 1984, la danse sera même montrée au président Ronald Reagan.

Les NY City Breakers auront plusieurs représentations dans des grands stades, devant des présidents (Ronald Reagan et George H.W. Bush) et autres princes et princesses en Europe.

 

Certains crew feront des spots de publicité politique comme les NY City Breakers avec une pub qui incite à voter.

Le Rock Steady Crew ira même faire de la musique et vendre 1 million d’exemplaires de leur single.

 

 

Retour à la réalité

 

Avec les médias qui parlent sans arrêt du break, certains problèmes apparaissent.

Les danseurs n’arrivent plus à contrôler ce qu’ils ont créé. Les grands médias ont pris le relais et contrôle l’ampleur de cette culture underground devenu trop grosse pour ses créateurs.

 

Plusieurs articles de médecins parlent des dangers que peut avoir le break sur le corps.

D’autres articles feront référence à tel ou tel danseurs qui se seraient brisé le cou, les bras, etc.

 

En gros le break va être dénigré de partout et renvoyé là où il est né, dans le ghetto.

Avec autant de négativité et une célébrité qui n’aura pas durée, certains danseurs seront en pleine crise existentielle.

 

“How do you nurture someone for this industry, and prepare them for what can happen, especially someone from the ghetto. All you see is money, from that, to having loot in your pocket, rented ogs out, getting all your boys high, having honeys, and to the next thing having the rug pulled off you. Yea I went through an identity crisis.”

Crazy Legs

 

Certaines personnes qui font vivre la culture Hip Hop vont eux aussi dénigrer les personnes qui ont permis le break d’évoluer et regretter l’époque où ça n’était qu’un simple ‘truc’ de quartier pour s’amuser et faire autre chose que de dealer.

 

Le retour à l’anonymat va forcer les danseurs à revenir à une vie normale, métro boulot dodo.

 

A tel point que beaucoup de breakers se remettront à vivre un style de vie dangereux, ce qui entraînera la mort de pas mal de danseurs.

En 1986 le Break commence donc à mourir aux yeux du grand public mais reste très actif pour les danseurs.

 

C’est au même moment que le Rap va grandir et dépassé le Break en terme de popularité.

Le changement que le Rap va effectuer pour passer d’un rap pour faire la fête, au Gangsta Rap va avoir des répercussions dans les quartiers et le mode de vie ‘gangsta ‘ va se normaliser et enterrer un peu plus le Break.

 

 

De 90′ à nos jours

 

Le Rap à la rescousse du Break

 

Après les problèmes de la fin des années 80, le break va rester underground mais toujours être aussi important en termes d’influence dans les quartiers.

 

Plusieurs Rappeurs dont KRS-One vont redonner vie au Break en permettant aux danseurs d’être dans les clips et sur scène pendant des cérémonies pour récompenser le Hip Hop.

Pendant le Source Awards de 1991, une cérémonie organisée par un magazine qui récompensait les artistes de la culture hip hop, le Rock Steady Crew sera sur scène pour assurer le show auprès de Xzibit et KRS-One.

 

L’explosion des battles et des compétitions

 

En plus du rap, l’esprit de compétition et l’arrivé d’une génération plus jeune va permettre au break de revenir au meilleur de sa forme.

Grâce aux battles, le break, va se développer d’une manière encore jamais vue.

 

Des événements vont voir le jour dans le monde entier.

 

La première compétition internationale de break va voir le jour en Allemagne avec le Battle of the Year, qui accueillera environ 800 personnes pour sa première édition en 1990.

En 1999, le B-Boy Summit, une organisation créée par Asia One qui a pour but « d’aider le monde à guérir grâce au Hip Hop », va organiser une rencontre à Venice Beach.

 

L’évènement va vite se transformer à partir du troisième jour, quand la police va essayer de contrôler ce qu’il se passe en arrêtant à peu près n’importe qui pour incitation à l’émeute.

Comme quoi, quand le Hip Hop est trop présent, on essaye toujours de le diminuer.

 

Les Battles internationaux

 

Aujourd’hui, le break s’est professionnalisé, tu trouves des compétitions à peu près partout.

Les meilleurs danseurs sont sponsorisés par des entreprises comme Red Bull, qui organise ses propres compétitions, le Red Bull BC One.

 

L’explosion des réseaux sociaux permet aussi à chaque danseur de montrer ce qu’il est capable de faire.

Tous les danseurs peuvent créer une communauté autour du break et de leur actualité sans avoir besoin de gagner de grosses compétitions comme à l’époque (même si cela aide énormément).

 

Les premiers b-boys reste dans le break et deviennent des juges comme Crazy Legs au Battle of the Year en 2017 ou Ken Swift pendant le Outbreak Europe en 2012.

 

La plupart des studios de danse proposent des cours de ‘street dance’, ‘breakdance’ ou ‘danse Hip Hop’ et si ce n’est pas le cas, ils sont fortement sollicités pour le faire.

 

Le break sera même présent en tant que discipline olympique aux jeux olympiques de la jeunesse à Rio en 2018.

 

 

Conclusion

 

Le break a réussi à faire ses premiers pas avec Kool Herc pendant les block parties et maintenant il fait la coupole partout dans le monde.

La culture Hip Hop a su reprendre un minimum le contrôle et revenir au-devant de la scène, pour être omniprésente.

 

 

Si tu veux aller plus loin

 

EMISSIONS TV

histoire-du-break-emissions-tv

Soul Train – USA
Top of the Pops – UK
Sidney : H.I.P H.O.P 1984 – TF1
Graffiti Rock – USA 1984
Hip Hop Français – Reportage sur le début du Hip Hop en France

 

FILMS

histoire-du-break-films

Flashdance – ça te donnera une bonne raison pour le voir et que ta copine arrête de te saoûler pour voir ce film
Beat Street – fiction qui parle du Break
Wild Style – pour tout voir de la culture Hip Hop
Style Wars – plutôt basé sur le Graffiti et les débuts du Hip Hop
Planet B-boy – documentaire sur le Battle of the Year
The Freshest Kids : The History of the B-boy – à voir absolument si tu veux comprendre l’histoire du Break

 

CLIPS MUSICAUX

histoire-du-break-clips-musicaux

Crookyln Dodgers – Crooklyn (ce clip contient des extraits de l’émission Soul Train)
S.W.A.T – I’m Sayin Though
KRS One – South Bronx
The Greateast – Tony Touch
Wyclef Jean – We Trying To Stay Alive ft. John Forté, Pras
Redman feat Erick Sermon Keith Murray – Rappers Delight
Zeb Roc Ski & Stieber Twins – B-Boys Revenge
Malcolm McLaren – Buffalo Gals (clip tourné là où le Rock Steady Crew s’entraînait)

 

ÉVÉNEMENTS

histoire-du-break-evenements

Red Bull BC One – International
UK Bboy World Championship – Angleterre
Battle of the Year – Allemagne
The Notorious IBE – Pays-Bas
Lille Battle Pro – France (anciennement Chelles Battle Pro)

 

LES PREMIERS CREWS

histoire-du-break-crew

Rock Steady Crew
Jojo (fondateur du crew)
Jimmy Dee
Crazy Legs
Frosty Freeze
Mr Freeze
Ken Swift
Kuriaki
Buck 4

Floormasters / NY City Breakers
Action
Kid Nice
Glidemaster
London

Crazy Commanders Crew
Spy

Rock Steady Rockers
Lil’ Crazy Legs

The Bronx Boys
The Salsoul Crew
The Disco King
Dynamic Rockers
LA Breakers
The Unique Dominoes
Tokyo Breakers
Mighty Zulu Kings
Young City Crew

 

Et encore tant d’autres sans qui le Break ne serait pas arrivé au niveau qu’il a aujourd’hui.

 

 

Nous remercions tous les pionniers de la culture Hip Hop qui ont marqué l’histoire,
et à tous ceux qui continuent de développer la danse Hip Hop dans le monde.

 

 

Dis nous en commentaire qui est ton bboy préféré !

 

Partager l'article
0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire