HISTOIRE DU LOCKING

 

Met toi dans l’ambiance en écoutant notre playlist Funk styles sur Spotify


 

Bien avant que le break voit le jour sur la côte est des Etats Unis, la côte ouest était déjà en train de s’enjailler sur les sons funk de James Brown ou de George Clinton.

 

C’est la rencontre de la Funk et sûrement du soleil qui va faire naître le groove des styles de l’ouest comme le Locking ou le Popping.

 

Ces deux danses, que l’on englobe autour du terme ‘Funk Styles’ ont une histoire totalement distincte des autres danses considérées comme Hip Hop.

 

On commence donc par la première des deux danses, le Locking.

 

Bien sûr, pour parler des Funk Styles, il faut être dans le délire, donc prend tes lunettes de soleil, sois relax, met toi un son qui te rappelle l’été, on part pour la côte ouest.

 

Histoire de la musique Funk

 

 

Si je devais faire ma propre définition de la musique Funk, ca donnerait sûrement quelque chose comme ça.

Funk \ fœŋk : Style de musique qui te rend heureux et te donne envie de danser.

 

Mais passons mes talents d’académicien, on va voir ensemble réellement ce qu’est la musique Funk, pourquoi sans elle le Hip Hop ne serait pas ce qu’il est, et enfin ce qui nous intéresse le plus dans cet article, pourquoi cette musique est la fondation des Funk Styles et donc du Locking.

 

Qu’est ce que le funk ?

 

Avant d’aller trop vite, revenons dans les années 60, toi et moi n’étions pas né (à part si tu est vieux, désolé de te l’apprendre) et en général on ne connait pas cette période.

Je parlerais essentiellement des populations noires des Etats-Unis ici, puisque c’est avec elles que le Funk va se créer, donc désolé pour tous mes babtous fragiles, mais c’est pas encore l’heure pour votre article.

 

Trève de bla bla.

Dans les années 60 donc, la musique que les afro-américains écoutaient était principalement de la Soul, et en particulier celle des labels comme Motown Records.

 

La Soul permet aux afro-américains de prendre la parole sur leur condition, mettant en avant qu’être noir n’était pas si simple aux Etats-Unis à cet époque.

C’est dans cet état d’esprit que le Funk va naître.

 

Le Funk au début des années 70′, va devenir la nouvelle musique permettant de prendre la parole.

Je tiens quand même à rappeler qu’en avril 1968, Martin Luther King venait d’être assassiné.

 

Une période où clairement quand tu parles trop on te fait taire (peu importe le sujet et l’époque tu me diras).

 

Un peu de contexte historique ça ne fait pas de mal.

 

C’est donc en dehors du contexte politique peu favorable aux leaders noirs que la musique funk va se développer petit à petit.

Et c’est avec Monsieur James Brown, légende de la musique, que tout va commencer.

 

James Brown

 

Il me faudrait un livre entier pour t’expliquer à quel point James Brown est précurseur pour le Hip Hop actuel, je vais donc m’efforcer de rendre hommage en étant clair et précis.

 

Au départ chanteur de R’n’B dans le milieu des années 60, ce n’est qu’à partir de 1968 que celui qu’on surnomme le ‘Godfather of Soul’ va développer un style bien plus rythmé, différent de la soul.

 

 

A l’époque où la Soul, le Rock et le R’n’B donnaient une grande importance au 3ème et 4ème temps, la musique que va développer James Brown va mettre l’accent sur le 1er temps de la musique avec une basse et des percussions qui tapent fort dès le début.

 

Mettre l’accent sur les percussions et la basse ne sont pas les seuls caractéristiques de la musique funk, si tu regardes bien cette vidéo, tu peux voir que toutes les personnes sur scène prennent part au morceau qui est joué, jusque là c’est logique je sais, mais regarde attentivement.

 

CHAQUE personne sur scène ajoute son groove à la chanson, la rendant plus intense, créant cet effet qui t’ambiance automatiquement, tu veux toi aussi kiffer avec eux.

 

He not only changed the way listeners thought about what dance music was but what funky music was

Greg Tate, écrivain et musicien en parlant de James Brown

 

Pour te faire comprendre plus simplement l’héritage qu’a laissé James Brown, voici une petite infographie.

 

 

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Sly and the Family Stone

 

Autre groupe très important dans le dévelopement du Funk, Sly and the family stone va être le groupe qui va créer le look funk.

Que ce soit les coupes afros, les chaussures hautes, les habits hyper colorés, c’est grâce à Sly Stone, chanteur du groupe que ce style va exister et devenir emblématique du Funk.

 

He didn’t like what I wore, when I came to his house one day. So he looked down on the ground, he had a cow skinned rug down there, he goes, ‘give me a razor’, he cuts a slit in the cow skin, I put it on as a poncho, that was my outfit, I didn’t choose it, it was hot a sweaty, but after that I paid attention.

Jerry Martini, saxophoniste du groupe Sly and the Family Stone à propos de Sly Stone et de l’importance du look

 

Larry Graham, bassiste du groupe, va lui aussi innover et va créer une technique pour jouer de la basse, le ‘slap bass’ et donner ce son que tu as forcément entendu.

 

Je ne suis pas musicien alors autant te laisser le plaisir d’apprendre directement de Larry Graham sensei pour comprendre ce qu’est le funk et le slap bass.

 

 

Le groupe va tellement développer la musique funk qu’ils iront jouer à Woodstock en 1969 devant plus de 500 000 personnes et faire de ce moment, quelque chose de clé dans le développement de la musique funk.

 

Grâce à ce moment décisif, le Funk était devenu, à partir des années 70′, la musique des jeunes.

 

Les artistes qui faisaient encore de la Soul ont dû réagir pour ne pas mourir face au phénomène Funk qui ne faisait en réalité que commencer.

 

Ce qui nous amène au dernier personnage funk dont je parlerais, et pas des moindre.

 

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George Clinton

 

Père de la P-Funk, un mix entre funk et rock psychedelic, George Clinton qui a débuté sa carrière de musicien avec un style très propre sur lui, est depuis devenu l’une des personnes les plus excentriques que tu puisses trouver sur scène.

 

Il avait l’habitude de ramener une soucoupe volante en plein concert, pour en sortir tel le messie, devant un public déjà prêt à assister à ce qui se rapproche plus d’une expérience spirituelle qu’à un concert.

 

Pour lui la Funk, c’était un mode de vie et ses premiers morceaux seront incompris par le public, tellement son style était en avance sur le funk de James Brown par exemple.

 

Tu t’imagines bien qu’avec un style vestimentaires pareil, c’était pas le genre de mec à te faire la même musique clean et propre sur elle que la plupart des gens, tout ça ne l’intéressait pas.

 

Pour créer son style si funky, il a pris les règles et codes du R’n’B qu’il connaissait par cœur, les a utilisés et transformés à sa sauce avec son groupe ‘The Parliement’ puis ‘Funkadelics’.

 

Malgré l’incompréhension du début pour un tel personnage, cela ne l’a pas empêché de continuer et de montrer que même en étant noir, tu peux être une star de la musique, tout en faisant absolument ce que tu as envie au niveau artistique et être aussi fou sur scène que tu as envie de l’être.

 

Ashamed of being black, shamed of being a negro, because it was built into you to be ashamed of yourself

George Clinton parlant de la société aux Etats Unis

 

George Clinton restera à jamais un exemple de créativité, regarde moi ça, une soucoupe volante, en plein concert ! “I see the mothership coming !”

 

 

Il y aurait encore tant à dire sur la musique Funk, mais c’est largement suffisant pour commencer à parler du Locking et comprendre d’où part la création des Funk Styles.

 

Le Locking

 

Le Locking, aussi appelé le Campbellocking va être créer par Don ‘Campbellock’ Campbell.

 

Au début des années 70, Don Campbell essayant de reproduire la danse du ‘funky chicken’ , va improviser et rajouter des pauses entre chaque mouvement, comme le ferait quelqu’un qui apprend une nouvelle danse.

 

Il va alors avoir l’idée de développer cette façon de danser en bloquant (to lock) ses mouvements et créer une pause entre les pas.

 

Le Locking originel était entièrement basé sur l’improvisation.

 

Son style va se développer dans les boîtes de nuit de Los Angeles.

 

Notamment ‘The Citadel’, boîte de nuit où Toni Basil (danseuse de renommée mondiale qui a grandement développé l’art de la danse) va rencontrer pour la première fois Don Campbell grâce à Lamont Peterson, danseur de Waacking qui a aussi dansé dans l’émission Soul Train et sur Broadway.

 

C’est à ce moment que le Locking va prendre forme grâce à la rencontre de plusieurs personnes qui donneront vie au plus grand (en terme d’héritage culturel) groupe de Locking ayant jamais existé.

 

PS : Pour éviter de te mettre un pavé énorme de noms qui n’en finit pas, tout les danseurs sont listés à la fin de l’article ne t’en fais pas.

 

The Lockers

 

 

Après que tous ces danseurs se soient rencontrés, tout va se mettre en place pour le Locking.

 

En 1972-73, Campbell Jr va co-créer le premier groupe de Locking, ‘Creative Generation‘ au côté de « Scooby Doo », les « Go-go Brothers », « Skeeter Rabbit » et des danseuses telles que Arnette JohnsonFredy Maxie et Shelly Cepeda.

 

Le groupe va partir en tournée avec des membres du Watts Writers Workshop (un atelier d’écriture qui a aidé les jeunes des quartiers de Los Angeles après les émeutes de 1965) et structurer le Locking pour pouvoir l’apprendre aux jeunes.

 

En 1973, Don Campbell avait déja créé son groupe, les ‘The Campbellock dancers’ qui deviendra ensuite ‘The Lockers‘.

 

Campbell Jr, fort de son expérience pour structurer le Locking, va introduire la chorégraphie au groupe de Don Campbell et le reste n’est qu’histoire.

 

Les Lockers vont devenir le groupe de Locking qui va détruire les barrières et faire connaître le Locking au monde entier grâce notamment aux apparitions à la télévision.

 

Locking is one the fundamentals bases of urban, cultural movement. Hip Hop wouldn’t have a groove without it.

Usher

 

A l’époque, d’autres groupe notables comme le ‘33rpm’,’The Alphabet Kids’, ‘Wild and Repectful’, ‘The Ghetto Dancers’ et ‘The Something Special’ vont eux aussi contribuer au succès du Locking.

 

Grâce aux apparitions à la télévision, le Locking va devenir populaire et à partir de 1973, comme à peu près dans tout nouveau mouvement qui marche bien, il y aura beaucoup d’usurpateurs.

 

A une époque où toute la transmission se faisait en personne, sans téléphone, ni internet, il était plus simple de faire croire des choses fausses.

 

Beaucoup se feront passer pour des danseurs du groupe originel ‘The Lockers’ et d’autres auront trouver une manière de faire de l’argent sans comprendre toute la philosophie derrière le Locking, l’héritage culturel de la Funk et les pas de danses.

 

En 1974, Jimmy “Scoobydoo Foster partira en tournée avec son groupe ‘The Something Special’ pour populariser le Locking en Asie et plus particulièrement au Japon.

 

C’est à partir de 1976 que les Lockers vont se disperser et recréer plusieurs fois le groupe jusqu’aux années 80.

 

Un membre du groupe, Tony ‘Go-go’ Lewis ira jusqu’à créer son école pour continuer d’introduire le Locking au Japon et créer son style, le ‘Fusion Lock’, au milieu des années 80′.

 

Quels sont les pas de danses en Locking

 

Mouvements de Base

Pacing or Timing

Arm Locks

Giving 5

Back to front claps Up Lock (muscle man)

 

Don ‘Campbellock’ Campbell

The Don Campbell Walk

 

Damita Jo Freeman

The Funky Guitar

 

Jimmy “Scooby doo “Foster

The Scooby Doo

The Sneek (devenu the Seek)

Quickies (devenu Stop n Go)

 

James “Skeeter Rabbit “Higgins

The Skeeter Rabbit

Hat Twirles

 

Greg “Campbellock Jr. “ Pope

The Pimp Walk

 

Charles “ROBOT” Washington

The Robot

 

Leo “ Flukey Luke “ Williamson

The Which Away

Leo Lock

Leo Walk

Killing Roaches

 

Mr. Penguin “ Berry

The slow motion

The helicopter

The volskwagon

 

The Go-Go- Brothers (Tony Lewis and Edwin “Buddy” Lombard)

Keepa Runnin, Sara Walk, the Super Fly

 

Alpha Omega Anderson

The Alpha

 

Sambo “Lock” McCloud

Butt Drops

Locking Hand Shakes

 

La danse va aussi se développer avec des pas spectaculaires comme des sauts en retombant sur les genoux, des grands écarts ou des flips, ce qui ajoute un côté aérien à la danse (si tu as les genoux fragiles fais gaffe quand même avant de tenter ce genre de choses).

Si tu lis l’anglais, va voir sur ce site : www.lockerlegends.net toutes les explications des pas et même leurs origines sont expliqués. Sans le travail de recherche incroyable, il m’aurait été impossible de savoir qui avait développé quel pas.

 

Comment le Locking s’est développé dans le Monde

 

En plus de développer leur style dans les boîtes de nuit de Los Angeles, les Lockers bénéficieront d’apparitions à la télévision et notamment dans l’émission The Soul Train, créée en 1971 par Don Cornelius.

 

The Soul Train a permis de mettre en avant la danse et les différents types de danse de l’époque, dont les Funk Styles tout juste naissant sur la côte ouest.

 

Pas mal de groupes ont participé à l’émission, donnant à la danse Hip Hop une exposition dans les grands médias et permettant au grand public de connaître ce mouvement.

 

Pour la culture afro-américaine, la musique et les danseurs, c’était une opportunité à ne pas rater car rien de ce genre n’existais à l’époque.

 

PS : Nous reparlerons en détails de Soul Train, dans l’article sur l’histoire du Popping.

 

 

Quand le Locking et le Popping ont commencé à se développer dans les années 70, ces styles ne faisaient pas du tout partie de la famille du Hip Hop.

 

Les danseurs de la côte ouest n’avaient aucune idée de ce qui se passait sur la côte est.

Ils ne savaient pas qu’un mouvement était en train de naître dans le Bronx, créant le Break dans sa foulée.

 

C’est seulement quand le Hip Hop va prendre de plus en plus d’ampleur que les médias auront clairement la flemme de faire des recherches et ne sauront plus comment catégoriser les différentes danses et les mettront sous le même toit en parlant de danses Hip Hop (je dis ça mais notre blog s’appelle aussi danse Hip Hop et on parle des funk styles, pardon pour l’hypocrisie).

 

Les médias des années 80 iront même jusqu’à parler de break-dancing en mettant dans le même bateau le b-boying et les funk styles, ce qui créa encore plus de confusion et un manque de reconnaissance pour les funk styles.

 

Certains mouvements de danse ne recevront eux non plus pas assez de crédit, comme le Moonwalk.

 

Ce pas qui s’est fait connaître par Jeffrey Daniels chanteur du groupe Shalamar, devenu par la suite chorégraphe de Michael Jackson va populariser ce pas durant une émission TV, le Top of the Pops.

 

Ce qui était un pas que James Brown commençait déjà à développer à l’époque de sa chanson ‘Good Foot’, ne sera jamais vraiment crédité comme l’héritage de la musique funk ni des danses funk.

 

Je ne critique pas Michael Jackson, c’est un danseur incroyable et il a permis à la danse en général d’être au devant de la scène et dans les clips musicaux, mais il y a clairement un manque de reconnaissance pour le Locking et le Popping surtout après ce qu’ils ont permis en terme de développement de la danse au niveau mondial.

 

Conclusion

 

Sans James Brown ou George Clinton, ni le rap de la côte ouest avec ses vibes funky, ni le début du Hip Hop dans le Bronx n’aurait vu le jour.

 

Le Hip Hop est né grâce à l’héritage du Funk et à James Brown.

 

Quand le Funk a commencé à être détrôné par le Disco, le Rap a permis aux nouvelles générations de se réapproprier les musiques funk et de remettre tous les artistes qui avaient inspiré les premier pionniers du Hip Hop au devant de la scène, notamment grâce aux samples.

 

James Brown restant à ce jour l’un des artistes les plus samplé de tous les temps, tant son héritage est immense pour le Hip Hop et la musique en général.

 

La création d’un nouveau mouvement après la perte en notoriété du Funk n’est pas une coincidence. Le Hip Hop, le Funk et avant eux, la Soul et le R’n’B ont toujours été des musiques qui ont représenté ceux qui ne l’étaient pas dans la société.

 

Car au cœur de ces différents styles réside une possibilité pour celui qui a été oppressé de différentes manières selon l’époque d’ouvrir sa bouche et mettre ses tripes sur la table.

 

Pour ce qui est de la danse, si Don Campbell, n’avait pas été inspiré par le funky chicken de Rufus Thomas, les danseurs qui ont permis de structurer le Locking ne se seraient pas rencontrer et la création du Popping par Boogaloo Sam n’aurait pas pu avoir lieu.

 

Le Locking et plus particulièrement les Lockers, resteront à jamais l’un des groupes ayant le plus développé la danse dans le monde.

 

Un art qui reste, à mon goût, souvent peu connu du grand public et éclipsé par le succès de la musique qu’elle accompagne.

 

Si tu veux aller plus loin

 

histoire-locking-emissions-tv

EMISSIONS TV & VIDEOS

Soul Train – USA

Chaîne youtube de Toni Basil

Don Campbell expliquant l’histoire du Locking

Interview de Penguin, Shabba Doo, Popin Pete (Boogaloo – Popping) & Spaz

Interview de Toni Basil – Funk Stylers Television

Reportage sur George Clinton

 

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FILMS

The Story of Funk – One Nation under a Groove

Soul Train – The Hippest Trip in America

Parliement Funkadelic – One Nation under a Groove

Wattsax – Documentaire sur le Watt Stax, festival de musique à Los Angeles en 1965 juste après les émeutes

 

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CLIPS MUSICAUX

The Lockers

James Brown – Say it loud, I’m black and I’m proud

Sly and the Family Stone – Live Woodstock

George Clinton – Atomic Dog

Snoop Dogg avec George Clinton & Bootsy Collins Live

Ice Cube – Bop Gun ft George Clinton

 

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ÉVÉNEMENTS

Juste Debout – FR

Summer Dance Forever

World Hip Hop Dance Championship

 

LES PIONNIERS DU LOCKING

 

The Lockers

Don ‘Campbellock’ Campbell

Greg “Campbell Jr” Pope

Jimmy “Scooby doo” Foster

Fred “Mr. Penguin” Berry

Toni Basil

The Go-Go- Brothers (Tony Lewis and Edwin “Buddy” Lombard)

James “Skeeter Rabbit” Higgins

Leo “Fluky Luke” Williamson

Johnny “Sambo Lock” McCloud

Charles “Robot” Washington

Bill “Slim Robot” Williams

 

The Ghetto Dancers

Greg “Captain Crunch” Dandridge

Eugene “F&M” Henderson

Kenny “Flea Lock” Henderson

Morris “Cisco Kid” Bailey

Steve “Sinbad” Crane

 

The Alphabet Kids

Haywood “Tito” Collins

‘Tick’

‘Mr. X’

 

Autres groupes et danseurs

 

The Something Special

33rpm

Wild and Repectful

Guy “Shocklock” Evans

Jeffery “Cat Man” Macintire

Roy “Lie Lock”

“Sneaky T”

Enock “Elmer Fudd” Smith

John “Okiedoke” Wilson

Arnetta “Nettabug” Johnson

Fredi Maxie

Shelly Cepeda

 

 

Nous remercions tous les pionniers de la culture Hip Hop qui ont marqué l’histoire, et à tous ceux qui continuent de développer la danse Hip Hop dans le monde.

 

Dis nous en commentaires quels danseurs de Locking te font le plus kiffer !

 

Histoire du Break

 

 

Met toi dans l’ambiance en écoutant une de nos playlists sur Spotify


 

 

C’est au début des années 70 que le Break va naître, dans les block parties du Bronx.

La naissance du b-boying, que les médias appelleront le breakdance, va marquer le début de la première danse Hip Hop en tant que tel.

 

“An important thing to clarify is that the term ‘Break dancing’ is wrong, I read that in many magazines but that is a media term. The correct term is ‘Breakin’, people who do it are B-Boys and B-Girls. The term ‘Break dancing’ has to be thrown out of the dance vocabulary.”

Timothy “Popin’ Pete” Solomon;
Electric Boogaloos

 

Au départ le break ne ressemblait pas du tout au style acrobatique que l’on a aujourd’hui.

 

La danse était surtout debout, s’inspirant d’un autre style, le Uprock ou Brooklyn Uprocking, une danse qui copie les gestes que pourrait faire deux personnes en train de s’affronter (coups, esquives, parades).

En partant du Uprock, les breakers vont inventer le Toprock.

 

“The name was based upon a dance called The Rock. Which was basically stylized Top Rocking. It was kind of like Top Rock/ Uprock.”

Crazy Legs

 

Les breakers vont également prendre leur inspiration dans les pas de danse de James Brown et les films de Kung Fu, une inspiration qui sera beaucoup reprise par le Wu-Tang Clan.

On peut même trouver un début de break dans des danses encore plus anciennes, comme les claquettes ou le lindie hoping.

 

Regarde-moi ce style au sol on dirait déjà des b-boys !

 

 

Petit à petit des disciplines plus acrobatiques vont accompagner le développement de la danse, notamment la gymnastique avec un mouvement comme le Flare.

La capoeïra a elle aussi influencé le break mais seulement à partir de la fin des années 80, quand elle sera vu la première fois dans le Bronx.

Cette danse a été introduite par Jelon Vieira et Lorel Machado dans les années 70 (après le début du break), donc au départ les breakers n’avaient aucune idée de ce qu’était la capoeïra.

 

“We didn’t know what the f-ck no capoeira was, man. We were in the ghetto! There were no dance schools, nothing. If there was a dance it was tap and jazz and ballet.”

Crazy Legs

 

Même si la capoeira n’est pas l’inspiration première, il y a clairement des ressemblances dans les deux danses.
Dans les deux styles, les danseurs ont des mouvements agressifs mais sans se toucher, en ayant une confrontation pacifique.

 

Bien sûr, avec du recul et internet il est facile d’attribuer tel ou tel danse comme inspiration.

 

Aujourd’hui les liens sont plus faciles à faire mais à l’époque la transmission se faisait en groupes et certains mouvements se créaient par accident, sans forcément s’inspirer de quelque chose.

 

“When I evolved the backspin, which lead to the continuous backspin, which everyone knows as the windmill it was by accident. The 1990 was by accident, I was trying to do something else.”

Crazy Legs

 

L’évolution du break va se faire sans code particulier à respecter, juste en dansant et en essayant de nouveaux pas.

 

Les premiers danseurs ont simplement innovés et se sont retrouvés avec un mouvement qui ressemble énormément à ce qui se trouve déjà dans un autre art ou sport.

Cette évolution va se baser sur la capacité d’ouverture et de changement qu’offre le break.

 

Pour la plupart des styles, la danse évolue très peu voire pas du tout et reste codée avec des noms et des pas à faire d’une certaine manière.

En break et dans chaque élément de la culture Hip Hop, le changement est encouragé pour faire évoluer le style et ne pas rester figer dans le temps.

 

La danse appartient absolument à tout le monde, et tu ne verras pas les mêmes mouvements en fonction de quel pays vient le danseur, voire de quel crew.

 

Les Premiers Mouvements

 

Il est dur d’attribuer un mouvement à un danseur en particulier car il n’y a jamais un seul créateur et aussi car les sources se contredisent sans arrêt mais voici une liste des crews et des mouvements qu’ils auraient chacun développés.

 

Rock Steady Crew :
1990
Back spin
Continuous Back Spin

Mr Freeze :
The Suicide (sauter et atterir sur le dos)

Frosty Freeze :
Russian Legs
Sissys

Spy des Crazy Commanders Crew :
Swipes

 

 

La Musique

 

Les rythmes sur lesquels les breakers dansent vont évoluer de la même manière qu’évoluera la musique Hip Hop.

 

La musique sera d’abord funk, soul en majorité et va se rapprocher d’un style rap, qui lui aussi est en train de naître.

C’est la combinaison du breakbeat, de la musique funk et des danseurs du Bronx qui vont créer le break.

 

 

Pourquoi ce nom ?

 

Le nom B-boying ou Break peut-être interprété de plusieurs façons.

Logiquement on parle de breakers car les danseurs dansaient pendant le breakbeat (break-boy) mais on peut aussi voir d’autres origines comme Bronx Boy qui seraient devenu B-Boy puis Break Boy et Breaker.

 

 

Qui sont les premiers b-boys et b-girls ?

 

Le Hip Hop est né dans la rue et pour apprendre à danser le seul moyen était de faire partie d’un crew, il n’y avait pas de studios de danse avec un programme structuré.

Le break permettait de s’éloigner du style de vie des gangs omniprésent dans le Bronx en passant le temps à s’entraîner en break et en faire un vrai style de vie.

 

Les premiers breakers se sont organisés en ‘dance crew’, des groupes de danseurs se réunissant pour apprendre la danse, et s’affronter en battle contre d’autres crews.

Dans les crews il n’y avait pas que des danseurs, tous les aspects de la culture hip hop étaient présents. Il y avait des membres qui faisaient du graff, du b-boying, du emceeing, du djing, etc…

 

“So what you had was just a crew. Within a crew you had brothers who liked to just rock the mike, while other b-boyed or deejayed.”

Crazy Legs

 

Au départ le mot crew était simplement un dérivé du mot gang.

Les tout premiers breakers étaient souvent d’anciens membres de gangs et c’est de cette manière que s’est organisé la danse : en groupes.

 

Agression was break, was b-boying, towards an other crew. You know, because before that came, there was gangs.

Jojo, fondateur du Rock Steady Crew

 

– Clique ici pour comprendre comment le Hip Hop est né –

 

 

Le développement du Break

 

A New York, pendant les années 70, les ghettos n’étaient pas séparés, toutes les cultures se côtoyaient, tout le monde vivait la même chose.

Il n’y a pas de séparation comme dans les ghettos de L.A avec d’un côté les blacks et de l’autres les latinos.

 

C’est le mélange d’origines différentes qui va permettre au break de se développer de plusieurs manières.

Pendant que les afro-américains étaient plutôt dans un style de danse debout, les portos ricains vont, à partir des années 74-75, danser de manière acrobatique et se mettre au sol.

 

“That didn’t come into play until more Puerto Ricans got involved in the mid 70s.”

Crazy Legs

 

Pour les premiers danseurs, l’une des seules manières de se faire connaître et vivre de leur passion, était de faire des représentations dans les boîtes de nuit et assurer le show.

Cela ne durera que quelques années.

 

Les DJs ne passeront plus de breakbeat mais essentiellement d’autres styles de musique avec une danse moins agressive.

Le Disco qui est vraiment LA musique de l’époque, va prendre le relais et faire revenir les breakers dans la rue.

 

Selon Davey D, historien de la culture Hip Hop et journaliste, tous les styles qui vont naître au même moment, la House Music à Chicago, la Gogomusic à Washington et le Funk sur la côte ouest sont une réponse à la musique dominante de l’époque, le disco.

 

Pour ne pas que la danse ne meurt, l’un des crew les plus emblématique va naître en 1977, le Rock Steady Crew.

 

 

A l’époque la plupart des membres n’avaient que 16-17 ans, l’âge moyen des b-boys dans le Bronx.

Cela n’a pas empêché la danse de devenir moins importante mais les passionnés ont continué à danser en se regroupant.

 

Pour garder la motivation, le peu de danseurs encore actifs organisaient des battles et allaient de quartier en quartier pour voir qui avait le meilleur style, un peu comme un film de Kung Fu.

C’est avec les battles que les danseurs vont se rencontrer et faire que la danse reste vivante malgré le peu de crews.

 

 

Les Années 80 : de la gloire à la rue

 

Les années 80 marquent le moment où le Break va vivre ses premières heures de gloire.

En 1981, Henry Chalfant, d’abord sculpteur puis devenu photographe, va mettre en avant la culture Hip Hop naissante dans le Bronx.

 

Il commencera par faire des photos des graffitis et au fil du temps fera la rencontre du Rock Steady Crew.

Le crew, Henri Chalfant et Fab 5 Freddy (qui plus tard va aider à l’écriture du film Wild Style) auront l’idée de faire un spectacle pour montrer ce qu’est le break.

 

Un article sera publié dans le Village Voice, un journal hebdomadaire de New York et ce sera le début du décollage pour le break.

D’autres évènements seront organisés grâce à l’aide de Henry Chalfant, notamment le battle entre le Rock Steady Crew et les Dynamic Rockers au Lincoln Center en plein Manhattan.

 

L’événement sera couvert par le NY Times, National Geographic et à la TV, sur Abc News.

 

Juste après, le Rock Steady Crew et Michael Holman vont collaborer pour mettre le break au centre de la vie de New York.

Michael Holman va permettre au Hip Hop de grandir grâce à son émission Graffiti Rock (qui a mis en avant la culture Hip Hop) et avec l’ouverture de la première discothèque Hip Hop à New York, le Negril.

 

Chaque vendredi le Rock Steady Crew fera une représentation au Negril et pour amener plus de show, ils auront l’idée de faire un battle.

Ils choisiront les Floormasters, plus tard renommé NY City Breakers, en pensant qu’ils étaient moins bon.

 

 

A partir de là tout s’enchaîne, Wild Style, le premier film qui va montrer la culture Hip Hop dans son ensemble sort et le Rock Steady Crew va avoir une scène dans le film Flashdance.

Le Hip Hop explose et tout le monde entend parler des breakers.

 

Les danseurs de l’ouest habitués aux styles funk comme le Locking ou le Popping s’y mettent eux aussi.

Au départ sans l’expérience au sol qu’ont les danseurs de l’est mais ils compenseront avec le style funk.

 

Les premiers crew se créent, en essayant de ressembler à ce qui se fait déjà à New York.

Des endroits pour s’entraîner et se retrouver entre breakers comme le Radio Tron à Los Angeles voient le jour.

 

En 1984, le break est absolument partout. Aux USA, en Europe, il n’y a pas une seule grande ville où tu ne trouves pas de breakers.

 

Pendant les jeux olympiques de 1984, la danse sera même montrée au président Ronald Reagan.

Les NY City Breakers auront plusieurs représentations dans des grands stades, devant des présidents (Ronald Reagan et George H.W. Bush) et autres princes et princesses en Europe.

 

Certains crew feront des spots de publicité politique comme les NY City Breakers avec une pub qui incite à voter.

Le Rock Steady Crew ira même faire de la musique et vendre 1 million d’exemplaires de leur single.

 

 

Retour à la réalité

 

Avec les médias qui parlent sans arrêt du break, certains problèmes apparaissent.

Les danseurs n’arrivent plus à contrôler ce qu’ils ont créé. Les grands médias ont pris le relais et contrôle l’ampleur de cette culture underground devenu trop grosse pour ses créateurs.

 

Plusieurs articles de médecins parlent des dangers que peut avoir le break sur le corps.

D’autres articles feront référence à tel ou tel danseurs qui se seraient brisé le cou, les bras, etc.

 

En gros le break va être dénigré de partout et renvoyé là où il est né, dans le ghetto.

Avec autant de négativité et une célébrité qui n’aura pas durée, certains danseurs seront en pleine crise existentielle.

 

“How do you nurture someone for this industry, and prepare them for what can happen, especially someone from the ghetto. All you see is money, from that, to having loot in your pocket, rented ogs out, getting all your boys high, having honeys, and to the next thing having the rug pulled off you. Yea I went through an identity crisis.”

Crazy Legs

 

Certaines personnes qui font vivre la culture Hip Hop vont eux aussi dénigrer les personnes qui ont permis le break d’évoluer et regretter l’époque où ça n’était qu’un simple ‘truc’ de quartier pour s’amuser et faire autre chose que de dealer.

 

Le retour à l’anonymat va forcer les danseurs à revenir à une vie normale, métro boulot dodo.

 

A tel point que beaucoup de breakers se remettront à vivre un style de vie dangereux, ce qui entraînera la mort de pas mal de danseurs.

En 1986 le Break commence donc à mourir aux yeux du grand public mais reste très actif pour les danseurs.

 

C’est au même moment que le Rap va grandir et dépassé le Break en terme de popularité.

Le changement que le Rap va effectuer pour passer d’un rap pour faire la fête, au Gangsta Rap va avoir des répercussions dans les quartiers et le mode de vie ‘gangsta ‘ va se normaliser et enterrer un peu plus le Break.

 

 

De 90′ à nos jours

 

Le Rap à la rescousse du Break

 

Après les problèmes de la fin des années 80, le break va rester underground mais toujours être aussi important en termes d’influence dans les quartiers.

 

Plusieurs Rappeurs dont KRS-One vont redonner vie au Break en permettant aux danseurs d’être dans les clips et sur scène pendant des cérémonies pour récompenser le Hip Hop.

Pendant le Source Awards de 1991, une cérémonie organisée par un magazine qui récompensait les artistes de la culture hip hop, le Rock Steady Crew sera sur scène pour assurer le show auprès de Xzibit et KRS-One.

 

L’explosion des battles et des compétitions

 

En plus du rap, l’esprit de compétition et l’arrivé d’une génération plus jeune va permettre au break de revenir au meilleur de sa forme.

Grâce aux battles, le break, va se développer d’une manière encore jamais vue.

 

Des événements vont voir le jour dans le monde entier.

 

La première compétition internationale de break va voir le jour en Allemagne avec le Battle of the Year, qui accueillera environ 800 personnes pour sa première édition en 1990.

En 1999, le B-Boy Summit, une organisation créée par Asia One qui a pour but « d’aider le monde à guérir grâce au Hip Hop », va organiser une rencontre à Venice Beach.

 

L’évènement va vite se transformer à partir du troisième jour, quand la police va essayer de contrôler ce qu’il se passe en arrêtant à peu près n’importe qui pour incitation à l’émeute.

Comme quoi, quand le Hip Hop est trop présent, on essaye toujours de le diminuer.

 

Les Battles internationaux

 

Aujourd’hui, le break s’est professionnalisé, tu trouves des compétitions à peu près partout.

Les meilleurs danseurs sont sponsorisés par des entreprises comme Red Bull, qui organise ses propres compétitions, le Red Bull BC One.

 

L’explosion des réseaux sociaux permet aussi à chaque danseur de montrer ce qu’il est capable de faire.

Tous les danseurs peuvent créer une communauté autour du break et de leur actualité sans avoir besoin de gagner de grosses compétitions comme à l’époque (même si cela aide énormément).

 

Les premiers b-boys reste dans le break et deviennent des juges comme Crazy Legs au Battle of the Year en 2017 ou Ken Swift pendant le Outbreak Europe en 2012.

 

La plupart des studios de danse proposent des cours de ‘street dance’, ‘breakdance’ ou ‘danse Hip Hop’ et si ce n’est pas le cas, ils sont fortement sollicités pour le faire.

 

Le break sera même présent en tant que discipline olympique aux jeux olympiques de la jeunesse à Rio en 2018.

 

 

Conclusion

 

Le break a réussi à faire ses premiers pas avec Kool Herc pendant les block parties et maintenant il fait la coupole partout dans le monde.

La culture Hip Hop a su reprendre un minimum le contrôle et revenir au-devant de la scène, pour être omniprésente.

 

 

Si tu veux aller plus loin

 

EMISSIONS TV

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Soul Train – USA
Top of the Pops – UK
Sidney : H.I.P H.O.P 1984 – TF1
Graffiti Rock – USA 1984
Hip Hop Français – Reportage sur le début du Hip Hop en France

 

FILMS

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Flashdance – ça te donnera une bonne raison pour le voir et que ta copine arrête de te saoûler pour voir ce film
Beat Street – fiction qui parle du Break
Wild Style – pour tout voir de la culture Hip Hop
Style Wars – plutôt basé sur le Graffiti et les débuts du Hip Hop
Planet B-boy – documentaire sur le Battle of the Year
The Freshest Kids : The History of the B-boy – à voir absolument si tu veux comprendre l’histoire du Break

 

CLIPS MUSICAUX

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Crookyln Dodgers – Crooklyn (ce clip contient des extraits de l’émission Soul Train)
S.W.A.T – I’m Sayin Though
KRS One – South Bronx
The Greateast – Tony Touch
Wyclef Jean – We Trying To Stay Alive ft. John Forté, Pras
Redman feat Erick Sermon Keith Murray – Rappers Delight
Zeb Roc Ski & Stieber Twins – B-Boys Revenge
Malcolm McLaren – Buffalo Gals (clip tourné là où le Rock Steady Crew s’entraînait)

 

ÉVÉNEMENTS

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Red Bull BC One – International
UK Bboy World Championship – Angleterre
Battle of the Year – Allemagne
The Notorious IBE – Pays-Bas
Lille Battle Pro – France (anciennement Chelles Battle Pro)

 

LES PREMIERS CREWS

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Rock Steady Crew
Jojo (fondateur du crew)
Jimmy Dee
Crazy Legs
Frosty Freeze
Mr Freeze
Ken Swift
Kuriaki
Buck 4

Floormasters / NY City Breakers
Action
Kid Nice
Glidemaster
London

Crazy Commanders Crew
Spy

Rock Steady Rockers
Lil’ Crazy Legs

The Bronx Boys
The Salsoul Crew
The Disco King
Dynamic Rockers
LA Breakers
The Unique Dominoes
Tokyo Breakers
Mighty Zulu Kings
Young City Crew

 

Et encore tant d’autres sans qui le Break ne serait pas arrivé au niveau qu’il a aujourd’hui.

 

 

Nous remercions tous les pionniers de la culture Hip Hop qui ont marqué l’histoire,
et à tous ceux qui continuent de développer la danse Hip Hop dans le monde.

 

 

Dis nous en commentaire qui est ton bboy préféré !

 

Avant de parler de danse Hip Hop, il faut que le Hip Hop existe.

Il n’y a pas de date exacte, mais c’est dans les années 70’, dans le Bronx à New York que l’histoire va commencer.

On va voir comment le Hip Hop va naître et se développer.

 

LES ORIGINES DU HIP HOP

Lis cet article en écoutant notre playlist spécial East-Coast sur Spotify


 

Naissance du Hip Hop

 

En général quand le mot Hip Hop est utilisé, la première chose que les gens ont en tête est la musique, le Rap.

Pourtant le Rap n’est qu’un seul des 5, voire 6 éléments qui forment la culture Hip Hop.

 

Le DeeJaying / DJing (la manière de mixer le son, avec des techniques comme le scratch)

Le Emceeing (MC-Ing, Toasting, Raping) que l’on appelle maintenant le Rap (l’art de rajouter des rimes au-dessus de la musique)

Le Graffiti qui consiste à utiliser l’architecture urbaine pour y mettre son empreinte graphique en dessinant

Le Break (b-boying, b-girling) qui est la première danse Hip Hop

Le Beatboxing qui consiste à créer des sons avec la bouche pour imiter les percussions et créer un beat sur lequel tu peux aussi Raper.

 

Quelques fois tu peux entendre parler d’autres éléments comme la manière de s’habiller, la manière de parler (argot), voire même le savoir (knowledge).

 

Tous ces éléments sont nés en même temps, dans le Bronx à New York .

 

Le Bronx des 70’ ce n’est pas l’endroit que tu vois sur les cartes postales.

Un taux de criminalité élevé, la misère et peu d’espoir d’avenir, le Bronx est aussi un grand melting pot de cultures et d’influences musicales riches et diverses.

A l’époque les musiques et les danses étaient surtout funk, disco, salsa, jazz et les communautés essentiellement afro-américaine, portoricaine, des caraïbes et d’autres pays latinos.

 

Au départ, le Hip Hop se fait dans les Block parties (littéralement les fêtes du quartier).

 

Des fêtes en plein milieu de la rue avec les musiques de l’époque pour rassembler tout le monde et s’amuser.

Ils mettaient des grosses enceintes à l’arrière de leurs voitures et se posaient à un endroit du quartier pour s’ambiancer.

 

Le début des Block Parties va faire naître les premiers Emcee / Mc (maîtres de cérémonies), ceux qui vont mettre l’ambiance à la fête accompagnés du DJ qui mixe les sons, en général Funk.

 

Les Pionniers du Hip Hop

 

DJ KOOL HERC

 

L’un des premiers emcee, et l’un des pères fondateurs du Hip Hop, va être Dj Clive ‘Kool Herc’ Campbell.

Kool Herc, Jamaïcain d’origine va apporter aux Etats Unis une manière de chanter par-dessus la musique pour gérer l’ambiance de la fête.

En Jamaïque, les DeeJay (et non pas les DJ) ont l’habitude de mixer et de chanter en même temps. Ce chant que l’on appelle Toasting est l’ancêtre du Rap.

 

“Rapping as we know it today, saying rhymes to the beat of music was originally called emceeing. It draws its roots from the Jamaican art form known as toasting.”

Grand Master Flash

 

Comme cela ne suffisait pas d’apporter sa touche jamaïcaine, Kool Herc va révolutionner la manière dont la musique s’écoute en mixant le son avec deux platines.

 

La légende raconte que durant une fête que sa sœur lui aurait demandé d’organiser, il se serait rendu compte qu’au moment du breakbeat (solo de percussions), les danseurs en profitaient pour montrer ce qu’ils savaient faire.

Le problème c’est qu’un breakbeat ne dure pas longtemps.

Kool Herc a donc eu l’idée d’allonger ce moment trop court (en mixant avec deux platines) et de faire du breakbeat, quelque chose de privilégié pour les danseurs.

 

I was sittin’ back, observin’, watching the crowd who were all waiting for this particular part of the record. And after I did it for the first time, there was no turnin’ back – everybody was comin’ to the party for that particular part of my set.

DJ Kool Herc

 

C’est avec cette manière de mixer que vont naître les premiers B-boys et B-Girls (Break-boy / Break-girl). Les noms venant du simple fait que les danseurs dansaient pendant le breakbeat. Pendant qu’il mixait, Kool Herc avait aussi pris l’habitude d’appeler les Breakers pour qu’ils viennent danser : « For all the B-boys & B-girls get ready , this is for y’all ».

 

GRANDMASTER FLASH

 

 

Joseph ‘Grand Master Flash’ Sadler est un des pionniers du DJing.

 

Tout comme Kool Herc, il va développer ses propres techniques de mixage et va être l’un des premiers à utiliser deux fois le même vinyle pour faire durer le breakbeat en accordant le rythme entre les deux tables de mixage. Cette technique qu’il appellera le backspin ou beat juggling .

Il va aussi créer une manière de mixer pour que deux chansons s’enchaînent sans arrêter la musique et surtout perfectionner les transitions en respectant le rythme de chaque vinyle.

 

Cette passion pour la musique lui vient beaucoup de ses parents.

Son père possédait une collection immense de vinyles et sa mère l’aurait poussé à aller dans une école pour apprendre à réparer les appareils électroniques.

Avoir des connaissances techniques va lui permettre de bricoler la première table de mixage et le cross-fader qui permet de passer d’un vinyle à l’autre.

 

“My father was a very heavy record collector. He still thinks that he has the stronger collection. I used to open his closets and just watch all the records he had. I used to get into trouble for touching his records, but I’d go right back and bother them.”

Grandmaster Flash

 

Pour ce qui est du scratch, on l’attribut à Théodore ‘Grand Wizzard Theodore ‘ Livingston.

 

 

Pendant que Grandmaster Flash venait s’entraîner chez DJ Mean Gene (grand frère de Théodore), Grand Wizzard Theodore en profitait pour regarder ce qu’il faisait et apprendre en cachette.

DJ Mean Gene ne permettait pas à son petit frère de toucher les platines, et quand celui-ci partait au travail, Grandmaster Flash devenait le mentor de Théodore pour tout lui apprendre du DJing.

 

Comme Théodore était jeune, Grandmaster Flash devait prendre une caisse de lait pour qu’il ait la bonne taille et lui permettre de mixer.

Cet apprentissage en secret durera jusqu’à ce que Grandmaster Flash réussisse à convaincre Mean Gene de laisser Théodore mixer devant un public et voir à quel point son petit frère l’avait surpassé en terme de DJing.

 

“Now his little brother would watch me, but Gene would say ‘Whatever you do, do not let my little brother touch the turntables. When Gene used to go to work, I used to sneak Theodore in the room and teach him.”

Grand Master Flash

 

Grandmaster Flash va aussi être l’un des premiers à comprendre comment chauffer le public et animer une soirée.

Il appellera ses amis pendant qu’il mixe et aura compris assez tôt que le Hip Hop est un genre qui permet de rendre complétement fou le public et faire que les gens s’amusent.

 

“I’d say things like..’There goes my mellow Coca La Roc in the house’, ‘There goes my mellow Clark Kent in the house’, ‘There goes my mellow Timmy Tim in the house’..’To my mellow Ricky D’, ‘To my mellow Bambaataa’.. People like that sort of acknowledgment when they heard it from a friend”

Grandmaster Flash

 

Quand le Hip Hop était en plein développement, chaque personne ou groupe qui passait sur scène donnaient le maximum pour faire le show et il y avait souvent une compétition entre les emcees ou groupes présents.

Quand c’était le tour de Grandmaster Flash, il en profitait pour fatiguer le public et ne pas laisser le choix à la personne qui passait après lui que d’avoir un public en manque d’énergie et instaurer une sorte de compétition pour voir qui était le meilleur MC.

 

“As we were leaving off stage we would knock on the dressing room door of the next act and say ‘Good Luck’. We would then sit back on the side and watch them play to a tired worn out audience. That’s when the battle was on.”

Grandmaster Flash

 

En plus du DJing, Grandmaster Flash et son groupe ‘Grandmaster and the Furious Five’ sont connus pour avoir sorti ‘The Message’ en 1982 que tu as forcément déjà entendu tellement ce son est devenu emblématique et classique pour le Hip Hop.


 

AFRIKA BAMBAATAA

 

 

Le dernier pionnier de la culture Hip Hop dont je te parlerai ici est Lance Taylor, plus connu sous son nom d’artiste, Afrika Bambaataa.

Au départ, Bambaataa est lui aussi un DJ et va animer les soirées en tant que Emcee comme Kool Herc ou Grand Master Flash.

 

Mais ce qui va nous intéresser est le rôle central qu’a eu Bambaataa pour canaliser la violence des ghettos et en faire ressortir la paix et la créativité.

Quand il était jeune, il faisait partie d’un gang du Bronx, les ‘Black Spades ‘.Il est donc familier au système des gangs et la violence omniprésente .

Plus le Hip Hop prenait de l’ampleur, plus des possibilités de sortir d’un mode de vie dangereux pour se rabattre sur une vie de créativité et un peu plus paisible apparaissaient pour les jeunes de l’époque.

 

Bien sûr, le changement n’a pas été magique comme chez Walt Disney.

Mais le Hip Hop de manière général a permis et permet encore aux jeunes des ghettos de trouver une porte de sortie à toute la merde présente dans les quartiers.

 

“It started coming together as far as the gangs terrorizing a lot of known discotheques back in the days. I had respect from some of the gang members because they used to go to school with me. There were the Savage Skulls, Glory Stompers, Blue Diamonds, Black Cats and Black Spades.”

DJ Kool Herc

 

Grâce à un concours d’écriture, Afrika Bambaataa va réussir à gagner un voyage en Afrique et s’ouvrir à d’autres cultures et modes de vie différents de ce qu’il voit dans le Bronx.

Ce voyage ainsi que le film ‘Zulu’ vont l’inspirer à créer sa propre vision d’une communauté soudée et unie pour un même objectif.

 

C’est à ce moment qu’il prendra son nom de scène actuel pour s’appeler Afrika Bambaataa Aasim , en l’honneur du nom du Chef Zulu, Bhambatha qui mena une rébellion contre les Néerlandais en 1906. (Il serait une des premières inspirations qui aurait lancé le mouvement anti apartheid en Afrique du Sud).

L’organisation qu’il va créer va d’abord s’appeler ’The Bronx River Organization‘ pour devenir une alternative aux ‘Black Spades‘.

Avec le développement du Hip Hop, le nom changera pour ‘The Mighty Zulu Nation’ et l’organisation finira par s’appeler ‘The Universal Zulu Nation’ .

 

La Zulu Nation va servir à sortir les jeunes de la vie dangereuse qu’ils mènent dans les gangs pour leur montrer qu’une vie plus calme et moins dangereuse est possible.

Le changement ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais la Zulu Nation a quand même compté plus de 40,000 membres dans ses meilleures années.

 

Vers la fin des années 90’ la Zulu Nation comptait encore 10,000 membres, étalés sur plus de 20 pays.

Afrika Bambaataa avec son organisation a donc été l’un des premiers et avec beaucoup de succès à sortir les jeunes de la culture des gangs grâce au Hip Hop.

En dehors de la Zulu Nation, il était aussi connu pour avoir une collection immense de vinyles, qui ont permis d’ouvrir le Hip Hop à d’autres styles musicaux et briser les codes.

Il lui arrivait de mixer et de rajouter des sons qui n’ont absolument aucun rapport avec les musiques que l’on pouvait entendre à New York.

Malheuresement Bambaataa ne connaîtra qu’un seul succès musical avec ‘Planet Rock ‘ sorti en 1982 .

 

 

A noté que le sample utilisé est d’un groupe Allemand (Kraftwerk) connu pour avoir popularisé la musique électronique.

Un genre éloigné des autres musiques de l’époque, ce qui nous amène à ce que j’aime avec le Hip Hop.

La liberté de créer.

 

histoire-de-la-danse-hip-hop-citation1

 

La Liberté de création et le Hip Hop

 

Si j’aime le Hip Hop c’est que n’importe qui peut se lancer et amener sa personnalité, son style, ses inspirations et ce qu’il aime.

 

“Well one of the great things about hip hop is that it has always been an easily accessible form of expression with each participant being able to bring into the fold their own experiences and musical background”

Davey D

 

La liberté de choix dans les samples et les musiques a toujours été la manière dont le Hip Hop a évolué.

Au départ les emcees posaient leur flow sur des sons de James Brown et aujourd’hui certains rap contiennent des samples qui viennent de la variété française, même par des mecs qui font du Gangsta Rap.

Regarde ces liens pour voir à quel point le Hip Hop va chercher des inspirations dans n’importe quel autre genre musical.

Dr Dre Feat. Charles Aznavour / Eminem Feat. Mike Brant / Suprême NTM Feat. Frédéric Chopin .

Tu peux même trouver des musiques de variété française avec une vibe West-Coast : Véronique Sanson – Les Tyrants .

 

La force du Hip Hop tient dans les possibilités infinies que permet le genre. Tu peux tout voir.

 

Que ce soit une personne avec une personnalité extravagante comme Cardi B ou un mec ultra posé comme Snoop Dogg .

Quelqu’un qui vient de milieu plus ‘chic’comme Lil Dicky ou des mecs du ghetto comme NWA .

 

Je parle ici de rappeurs mais tu trouves cette mixité dans chaque élément de la culture Hip Hop.

Pour moi, le Hip Hop c’est le plus gros engrais à l’entrepreneuriat et à la créativité.

 

C’est un peu optimiste mais là je ne prends pas en compte ce qui tourne autour du Hip Hop et les mauvais côtés qu’on lui associe (violence, drogue, misogynie…).

Toujours est-il qu’il y a peu de barrières et beaucoup de possibilités peu importe ta personnalité, ton milieu social, ta couleur de peau, ton âge ou ton sexe.

 

Alors bien sûr t’auras toujours un mec pour te dire que ce qu’on entend aujourd’hui ça n’est pas du Hip Hop et que le premier gars en 70’ lui c’était un vrai car il a vécu le début donc forcément c’est authentique pas comme tout ce rap ‘commercial‘.

 

Comme l’on dit chacune des personnes qui ont permis le développement du Hip Hop (VOIR CITATION CI-DESSOUS).

 

les-origines-hip-hop-citation2

 

Maintenant que l’on à vu en majorité le DJing et le Emceeing, il est temps de passer à la danse Hip Hop pour comprendre en quoi c’est un style différent.

 

Le freestyle au coeur de la danse Hip Hop

 

Sur ce blog nous parlons de plusieurs styles de danse Hip Hop, qui à la base n’ont rien à voir, que ce soit musicalement ou dans leurs origines.

 

Pourtant nous les avons mis sous le même toit, pourquoi ? Notre opinion est que toutes ces danses ont un point commun.

 

Le Freestyle et la compétition sous forme de battle, en total improvisation.

 

Ces styles se distinguent des autres danses avec l’improvisation pendant les compétitions. Beaucoup d’événements se font sous forme de freestyle avec deux camps, qui s’affrontent.

Chaque camp essayant de danser le mieux possible sur la chanson que le Dj passera.

 

Quand tu regardes des danseurs pendant un battle, il peut sembler normal de voir que les danseurs ont une musicalité quasiment parfaite mais en freestyle il faut vraiment avoir l’oreille pour comprendre les distinctions dans la musique et avoir un avantage sur l’autre danseur.

Pour expliquer un peu plus d’où vient le freestyle on va faire un bond en arrière et revenir aux Block Parties.

 

Pendant que Kool Herc apprenait à ambiancer la salle, les danseurs ont commencé à s’organiser autour de la première danse Hip Hop qui va naître, le break.

Pour apprendre, tout ce faisait en crew, en gang.

 

Beaucoup des premiers danseurs venaient des gangs et le principe de rivalité avec d’autres groupes était normal. Pour rentrer dans un crew et apprendre à danser le break il fallait défier un autre membre en battle pour gagner le respect.

 

Dis comme ça, on se croirait dans un duel que tu peux voir dans un Shonen Nekketsu mais c’était très sérieux.

Quand tu vis dans le ghetto, tu apprends à ne pas être un lâche. Les battles sont devenus fréquents et habituels pour les premiers B-boys et B-Girls.

 

Les premiers mouvements que les breakers vont utiliser (style Uprock) ressembleront beaucoup à ce que ferait quelqu’un qui veut se battre. Tu te doutes que ça ne sort pas de nulle part (mais on en reparlera plus longuement dans l’histoire du break – LIEN).

 

Si nous avons mis la House Dance ou le Voguing sous le même toit que le Break c’est surtout par rapport à la manière dont les compétitions se passent, en battle et en total freestyle, tout ce faisant à l’improvisation.

Dans cet article tu peux trouver un battle pour chaque style de danse .

 

Conclusion

 

Le début de l’histoire du Hip Hop se passe donc sur la côte EST des Etats Unis et ce n’est que dans les débuts des années 80’ que le mouvement sera baptisé Hip Hop par Afrika Bambaataa. Maintenant que l’on a un beau bébé, baptisé et prêt à marcher, il ne manque plus qu’à lui apprendre à danser pour révolutionner le monde.

 

Nous remercions tous les pionniers de la culture Hip Hop qui ont marqué l’histoire, et à tous ceux qui continuent de développer la danse Hip Hop dans le monde.